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Accueil du site > Projets financés > Autres > "Ateliers trilatéraux Villa Vigoni" > Compte rendu du 1er atelier

Compte rendu du 1er atelier

Compte rendu du 1er atelier (Villa Vigoni, 17-19 septembre 2009) par Monique Goullet

 Guy PHILIPPART (Université de Namur, Belgique)

Introduction critique à l’étude des manuscrits « hagiographiques » les plus anciens

Avant de contribuer par de nouvelles recherches fondamentales à l’étude de la tradition médiévale des textes hagiographiques, il a paru utile d’identifier les concepts et les méthodes dont nous usons généralement dans cette discipline. Pour les identifier, nous avons analysé les travaux majeurs qui avaient été consacrés à cette matière dans les dernières décennies et nous avons cherché en outre, dans les textes fondateurs de notre discipline, principalement dans le programme que Jean Bolland a fixé en 1643 en tête des ‘Acta Sanctorum’, comment ces concepts et ces méthodes avaient été élaborés. Il apparaît qu’en focalisant l’étude non pas sur les textes mais sur les saints et sur tout ce qui contribue à leur gloire, Bolland a vulgarisé l’idée que le corpus des textes consacrés à l’histoire des saints chrétiens et de leurs reliques formaient un ensemble spécifique . Qu’il y ait eu dès lors des livres spécifiques, les « légendiers » ou les « livrets », pour accueillir ces textes consacrés à l’histoire des saints allait de soi (bien que l’ensemble des textes consacrés à l’histoire des saints et de leurs reliques ne fût jamais désigné comme tel avant le XVIIe siècle).
Or, paradoxalement ce corpus spécifique forme un ensemble disparate : les textes consacrés à l’histoire des saints et de leurs reliques appartiennent à des genres littéraires profondément différents : ‘acta’, biographies, ‘exempla’, chroniques, miracles, inventions, translations, visions… Il n’y a pas à chercher dans cet ensemble un genre hagiographique propre. Deux phénomènes éditoriaux, qui ont pu créer cette illusion d’un genre propre, doivent être examinés.
1) l’organisation de plus en plus serrée de l’année autour de son calendrier sacré a conduit les éditeurs médiévaux à rassembler dans des légendiers ces textes de genres différents (‘acta’, biographies, etc.) pour qu’ils puissent servir lors de la fête des saints.
2) En dehors des besoins de la liturgie, l’emprise de plus en plus forte de la croyance aux saints et en leurs pouvoirs a conduit aussi des éditeurs à réunir, pour des raisons apologétiques ou par goût de la collection savante, tout ce qui contribuait à la gloire des saints. Il n’est pas sûr que les plus anciens légendiers aient eu une fonction liturgique. Ces grandes collections savantes destinées aux bibliothèques pouvaient avoir une fonction proprement apologétique.En d’autres termes, les textes consacrés à l’histoire des saints, qui n’ont pas de spécificité littéraire, peuvent avoir eu une spécificité « éditoriale ».
Encore faut-il se garder de deux illusions :
1) que la transmission des textes consacrés à l’histoire des saints se réduise à l’étude des « légendiers » et des « livrets ». Dans notre corpus, le nombre de manuscrits qui ne tombe pas dans la catégorie « légendiers » et « livrets » l’emporte nettement sur les autres. Des textes consacrés à l’histoire des saints sont assemblés avec des pièces les plus diverses homilétiques, morales, doctrinales… Il est indispensable de lire ces documents et pas seulement les textes « hagiographiques » qu’ils contiennent pour saisir la spécificité éditoriale de l’ensemble.
2) que les « légendiers » transmettent exclusivement des textes consacrés à l’histoire des saints. L’emblématique ‘Legenda aurea’ suffirait à nous en détromper. Dans un souci honorable d’efficacité, les bollandistes d’autrefois, qui étaient à la recherche des textes consacrés à l’histoire des saints en vue de leurs édition critiques, ont systématiquement omis dans leurs analyses des légendiers les pièces qui échappaient à leur conception du texte hagiographique. Ce qui fait que nous disposons de descriptions tronquées, à reprendre ‘ab ovo’.
Dernière question critique. Notre idée d’un corpus (relativement) homogène de textes consacrés à l’histoire des saints et de leurs reliques n’est-elle pas anachronique ? Ne doit-elle pas être revue avec les critères d’autrefois ? Nous nous fondons généralement sur la BHL, où se bousculent entre autres au milieu des biographies de « saints » des apocryphes néotestamentaires, des listes sommaires, des chroniques sur la croix du Christ, des hymnes… Il faut retrouver les hiérarchies, les découpages et les typologies d’autrefois : que représentaient alors les actes apocryphes des apôtres, le ‘Transitus Mariae’, l’‘Inventio Crucis’ par rapport à la Vie de saint Martin ou aux ‘Acta Sebastiani’ ? Comment jouait la distribution avérée entre « authentiques » et « apocryphes » ? Et dans un autre ordre d’idée, comment les figures vétérotestamentaires étaient-elles considérées ? La BHL a tranché dans le vif et les a exclues du répertoire des textes hagiographiques, à l’exception des Actes des Maccabées, figures archétypiques des martyrs chrétiens. C’est là un choix moderne, pragmatique et anachronique. Pour ne prendre qu’un exemple, les « légendiers » d’Aldhelm, héritier en cela de l’auteur de l’Épître aux Hébreux, commencent par l’histoire de plusieurs des patriarches de l’Ancien Testament.
Il résulte de tout ceci que le corpus des textes que nous étudions doit être défini non sur la base de critères modernes, mais à partir des critères de l’époque. Nous devons examiner chacun des manuscrits dans leur totalité et définir à partir d’eux les objectifs et les méthodes des éditeurs d’autrefois et mettre au jour leurs concepts. La genèse de collections spécifiques de textes consacrés à l’histoire des saints pourra alors être conçue sans anachronisme.
Dans le cadre de ce programme de recherche, d’ailleurs, une analyse systématique et une reconstitution du ‘Codex Velseri’ (München CLM 3514, milieu du VIIIe siècle), le plus ancien « légendier » connu, a déjà été menées à bonne fin. D’autre part, la question du contexte codicologique des textes hagiographiques et de son interprétation fait l’objet des communications de Sandra Isetta et de Martin Heinzelmann, résumées ci-après.

 Sandra ISETTA (Università di Genova)

Il ms. Paris, BNF lat. 2769, fol. 1-23+ lat.4808, fol. 53-65 [Italia, s. VI]. Instrumenta catechetici e riscrittura agiografica : Il ‘prontuario’ esegetico di Eucherio (fol. 1-21)

Esposizione delle problematiche e degli studi critici conseguenti la ‘scoperta de Bruyne’, che ha restituito in un unico ms. miscellaneo i disiecta membra Paris, BNF lat. 2769, fol. 1-23+ lat. 4808, fol. 53-65, concordemente ascritto all’area italiana, pur con divergenze di locazione. Gli studi critico-letterari si frammentano in prospettive diverse, riguardanti la tradizione manoscritta delle singole opere (Formulae e Instr.II di Eucherio ; Sermo 110 di Agostino ; Adventio crucis ; Chronographia di Onorio). La valutazione globale dei contenuti e l’accostamento delle opere, solo apparentemente difformi, ha consentito di suggerire due ipotesi sulla composizione del ms. miscellaneo, che potrebbe rispondere all’esigenza di una polemica antigiudaica, con argomenti esegetico-eruditi (Eucherio e Onorio), affiancati alla centralità del binomio omiletico e agiografico-politico (Sermo 110 di Agostino e Adventio crucis).Come gran parte della tradizione manoscritta, il ms. Par. Lat. 2769 contiene le Formulae, prive dei quattro capp. iniziali (con una vasta lacuna interna) e delle Instr. II riporta solo 2 capp. : la frammentarietà delle opere di Eucherio ne conferma il frequente uso come ‘prontuario’ esegetico, che sintetizza, appunto in formulae, la vasta produzione di stampo alessandrino (Ticonio, Girolamo, Agostino). L’analisi di alcune lezioni del ms. in relazione alle edd. CSEL 1894 (Wotke) e CCL 2004 (Mandolfo), con particolare attenzione alle citazioni bibliche (criterio fondamentale per lo studio critico di un testo patristico), conferma che, come i codd. più antichi, il ms. Par. Lat. 2769 non normalizza il testo della Vetus con quello della Vulgata ed è meritevole di ulteriori approfondimenti riguardo la sua parentela con altri codd.

 Martin HEINZELMANN (Paris)

Le manuscrit H55 de la Bibliothèque Universitaire de Montpellier, section de Médecine

L’examen du manuscrit et de ses 61 textes avait pour but d’identifier les modèles de la collection, créée peu après 800. Pour cela ont été retenus des indices de l’organisation du volume, identifiables surtout par la graphie des titres ou incipit-titres, dont les écritures sont fort différenciées, par certaines formules de l’incipit (‘In nomine Dei summi’, etc.), par la désignation stéréotypée du saint (‘sanctus hac beatissimus N.’), par les traces de numérotation ancienne et par la fête du saint. Il est évident que le manuscrit dépend de modèles d’origine et de présentation fort différentes, dans lesquels prévalait un ordre hiérarchique : apôtres, martyrs, évêques, saintes femmes, l’ordre du calendrier n’étant retenu que partiellement (textes 36 à 46). Le sanctoral du recueil se distingue par la participation exceptionnellement forte de femmes, avec 26 textes sur 51 (apôtres exceptés) ; le mélange de saints connus et peu connus, de l’Église universelle (Rome et l’Orient) et de la Gaule, souligne une certaine volonté (carolingienne ?) de représentativité du sanctoral. Les versions copiées sont en bonne partie rares, voire uniques, avec plusieurs textes gaulois créés sur un modèle « classique » de l’hagiographie « internationale », le plus frappant étant la production concernant le diocèse de Troyes, avec cinq pièces qui ne se trouvent que dans le manuscrit H55 : un texte traditionnel accompagné de deux décalques de modèles connus (Passions des saintes Sabine et Jule) et de deux nouvelles créations (‘Passio Memorii’ et Vie de Melaine et de la sainte vierge), d’une facture linguistique très inégale. La situation exceptionnelle de la Vie de Gertrude de Nivelles dans le recueil, seule sainte monastique, et la présentation spécialement soignée du texte et de son complément (Miracles), par le titre, la formule de l’incipit, l’écriture, a suscité l’hypothèse d’une origine du recueil à Nivelles, au moment de la transformation du monastère en église canoniale. Entreprise à suivre.
Les communications suivantes ont exposé les premières conclusions de l’examen de textes contenus dans un ou plusieurs des manuscrits du corpus.

 Cécile LANÉRY (IRHT, CNRS, Paris)

La ‘Passio Sebastiani’ dans le ‘Codex Velseri’

La ‘Passio Sebastiani’ n’a, en soi, rien de mérovingien : c’est un texte romain, écrit, selon toute probabilité, par Arnobe le Jeune, dans les années 430. Mais cette longue Passion tardo-antique nous a été transmise, entre autres, par plusieurs légendiers francs très anciens, dont le ‘Codex Velseri’ (München, BSB Clm 3514, autrefois propriété de l’humaniste Marc Velser) : écrit en Gaule, sans doute au Nord de la Seine, vers le milieu du VIIIe siècle, ce manuscrit nous a conservé un texte quasi-complet de la ‘Passio Sebastiani’ (une longue lacune, dans les premiers chapitres de la Passion, est due à la chute de 2 ou 3 folios) ; c’est, avec le palimpseste de Berne (Bern, Burgerbibl. 611), son plus ancien témoin. Outre un certain nombre de caractéristiques phonétiques et orthographiques dignes d’intérêt, le ‘Codex Velseri’ offre un texte qui pourrait être d’ascendance italienne, mais qui présente aussi de notables affinités avec des légendiers anciens de Saint-Amand et d’Allemagne (VIIIe-IXe s.). Dans le ‘Codex Velseri’, la ‘Passio Sebastiani’ fut de plus corrigée, dès le IXe siècle, par un copiste qui y fit entrer les leçons d’une révision carolingienne. Parmi les centaines de témoins conservés, ce légendier mérovingien, avec ses corrections carolingiennes, occupe donc une place de premier ordre.

 Michèle GAILLARD (Université de Lille 3)

Les Passions des saints Crépin et Crépinien (cycle de Rictiovar) dans les manuscrits Torino, BN 517 (D.V. 3), Wien, ÖNB 371 et Paris, BnF12598

La Passion des saints Crépin et Crépinien appartient à un cycle hagiographique de martyrs censés avoir été persécutés au milieu du IIIe siècle, sous l’empereur Maximien, par un préfet nommé ‘Rictiovarus’ ou ‘Riciofarus’. Malgré l’intérêt que lui ont apporté plusieurs érudits, en particulier Louis Duchesne et Camille Jullian, l’étude, à la fois globale et minutieuse, des textes relatifs à ce cycle reste à faire. Les questions souvent évoquées de la parenté de ces textes entre eux et de l’époque de leur écriture et réécriture n’ont pas encore été résolues. En outre quelques-unes de ces Passions ont été copiées dans certains des manuscrits hagiographiques les plus anciens : Turin D V 3, Paris BnF lat 12598, Wien 371, Montpellier H5.L’intérêt de la Passion des saints Crépin et Crépinien est que, au sein d’une très riche tradition manuscrite (64 témoins signalés dans les catalogues des Bollandistes), elle a été recopiée dans les trois premiers manuscrits cités ci-dessus, vraisemblablement confectionnés dans le nord-est de la France actuelle (nord de la Province tardo-antique et médiévale de Belgique)
L’objectif de l’étude était de cerner les relations entre les trois versions, d’établir leur chronologie relative, de comparer les usages des copistes et, autant que faire se peut, d’établir le texte initial que les trois copistes ont utilisé, directement ou indirectement. Un examen attentif des deux premières pages du manuscrit de Turin et des pages correspondantes des manuscrits de Paris et de Vienne – soit un échantillon de 290 mots sur 1113 au total, c’est-à-dire 26% du texte de la ‘Passio’ – fait apparaître une parenté assez nette entre le manuscrit de Turin (T) et celui de Vienne (W) ; cette parenté n’est toutefois pas suffisante pour affirmer qu’un des deux manuscrits a été copié sur l’autre. En effet le manuscrit de Paris (P) concorde fréquemment avec T contre W, ce qui conduit à l’hypothèse de l’appartenance de T et W à un rameau issu de la même branche que P.
La présence d’un certain nombre de saints du cycle de Rictiovare, dont Crépin et Crépinien, dans la version auxerroise du martyrologe hiéronymien incite à penser que cette Passion a été rédigée quelques décennies avant la fin du VIe siècle, lors du développement des sièges épiscopaux d’Amiens, de Vermand et de Soissons, chaque cité rivalisant pour posséder les reliques de prestigieux martyrs, avant que le siège de l’évêque du Vermandois ne s’installe à Noyon.

 Monique GOULLET (LAMOP, Université Paris 1/CNRS)

Le dossier de s. Afra : retour aux manuscrits

Le dossier littéraire d’Afra, la sainte patronne d’Augsbourg (‘Augusta Vindelicorum’), se compose de trois textes : une ‘Conversio s. Afrae’ (BHL 108) ; une Passion longue (BHL 109) et une Passion brève (BHL 107b-f). La version BHL 107b, contenue dans le manuscrit Wien, ÖNB 420, a été découverte en 1907 par le Prémontré Godefroi Vielhaber, et éditée par lui-même, puis par Bruno Krusch (qui avait déjà édité BHL 108 et 109), et enfin par Walter Berschin. Depuis la découverte de Vielhaber en 1907, on considère la version brève comme antérieure à la longue, cette dernière n’en étant qu’une amplification. Un retour aux manuscrits – en particulier aux autres témoins de la version brève, que Bruno Krusch avait considérés comme d’insignifiants ‘compendia’, ainsi qu’à Wien, ÖNB 1556, considéré par Krusch comme un doublon d’un manuscrit Bruxellois du Xe siècle – a permis de proposer l’inversion de ce classement. Il reste maintenant à déterminer la genèse de l’abréviation, en proposant un classement des différentes versions brèves répertoriées.

 Corinna BOTTIGLIERI et Gordon BLENNEMANN (Université d’Erlangen, Allemagne)

Les premières abréviations connues des Vies des ss. Germain de Paris et Germain d’Auxerre dans les mss Wien, ÖNB, lat. 420 et Paris, lat. 12598

Nella relazione a due voci « Les premières abréviations connues des Vies des ss. Germain de Paris et Germain d’Auxerre dans les mss Wien, ÖNB, lat. 420 et Paris, lat. 12598 » Corinna Bottiglieri e Gordon Blennemann hanno presentato due abbreviazioni di vite molto diffuse nell’alto medioevo, scritte da autori di grande statura letteraria : rispettivamente la Vita Germani Autissiodorensis di Costanzo di Lione (BHL 3453), scritta intorno al 480, e la Vita Germani Parisiensis di Venanzio Fortunato (BHL 3468). Le due epitomi sono trasmesse da due delle raccolte agiografiche che hanno un ruolo fondamentale nel progetto Vigoni : rispettivamente i mss. Paris BNF lat. 12598, f. 105v-107r e Wien, ÖNB lat. 420, ff. 26–28 : la datazione dei manoscritti si colloca negli ultimi anni dell’VIII o nei primi anni del IX secolo. Dell’inedita epitome della Vita Germani Autissiodorensis si segnala inoltre un altro testimone (ms. Cambrai, BM 855), di cui sarà necessario l’esame. Dopo alcuni accenni ai contesti storici delle due vite originarie, i due relatori hanno analizzato contenuto delle epitomi in relazione all’ipotesto, mettendo in rilievo in particolare alcuni fenomeni ortografici e morfologici : questo in relazione anche al comportamento dei copisti negli altri testi presenti nei manoscritti considerati. Un motivo di particolare interesse è il confronto delle diverse strategie di riscrittura messe in atto dagli anonimi autori delle due epitomi, che sono state esaminate nei dettagli. La questione centrale, da sviluppare nelle ulteriori indagini, è cercare di comprendere la funzione specifica di un testo abbreviato in relazione alle aree geografiche e ai periodi a cui si collega una particolare tradizione manoscritta, come ad esempio il ruolo della committenza salisburghese nel caso del ms. Wien 420.

 Charles MÉRIAUX (Université Lille 3)

Les Passions de saint Léger d’Autun dans les anciens légendiers (VIIIe-IXe siècle)

Au tournant des XIXe et XXe siècles, l’éditeur allemand Bruno Krusch a proposé une analyse du dossier hagiographique de saint Léger, évêque d’Autun († 677/679) qui s’est imposée ensuite. Il distinguait trois textes :
1) une Passion anonyme composée au monastère Saint-Symphorien d’Autun dès la fin du VIIe siècle et dont ne subsisterait qu’un seul fragment dans un légendier de Moissac (A) ;
2) une Passion carolingienne rédigée en Poitou, au monastère de Saint-Maixent, à la fin du VIIIe siècle (B) ;
3) Une Passion « mixte » composée à partir de ces deux textes, dont le seul intérêt était aux yeux de Krusch de permettre la restitution des passages de la Passion d’Autun qui ne figurait pas dans le légendier de Moissac ©.
Comme ses contemporains, Bruno Krusch se souciait avant tout de retrouver le texte le plus ancien, susceptible de fournir les informations historiques les plus valables. Ce point était – et reste – d’autant plus important que les faits et gestes de Léger constituent l’essentiel de la documentation concernant l’histoire politique des royaumes francs dans les années 660-680, c’est-à-dire à la veille de la mainmise sur la Neustrie par le maire du palais austrasien Pépin II (687). Précisons que certaines affirmations de Krusch ont été revues, en particulier la datation de la Passion poitevine, que rien n’interdit en réalité de considérer comme une œuvre contemporaine composée au tournant des VIIe et VIIIe siècles.
Conformément aux principes retenus par le projet, notre communication s’est fondée sur un premier examen des plus anciens légendiers. Les trois Passions que distinguait Krusch sont aujourd’hui conservées dans les manuscrits suivants :
1) Paris BNF lat. 17002 (Moissac, Xe-XIe siècle) pour la Passion autunoise ;
2) Saint-Gall 548 (Saint-Gall, VIIIe-IXe siècle) pour la Passion poitevine ;
3) Wien ÖNB 371 (Saint-Amand, début IXe siècle) pour la Passion mixte.
Ce dernier texte a un intérêt beaucoup plus grand que celui que lui donnait Krusch. Outre le fait qu’il comprend le texte complet de A, il semble bien aussi qu’il ne dépende pas du légendier de Moissac et qu’il en donne donc une version au moins aussi ancienne. Comme l’avait déjà suggéré Joseph-Claude Poulin, le texte du légendier de Moissac apparaît lui-même comme un remaniement obéissant à un projet précis : exalter les souffrances et le martyre de Léger, en laissant de côté le récit proprement historique de la lutte qui l’opposa au maire du palais Ébroïn. Cette perspective « spirituelle » caractérise aussi la manière avec laquelle ont été sélectionnés des extraits d’autres Passions dans le légendier. S’agit-il d’un projet développé par les moines de Moissac à la fin du Xe siècle ? François Dolbeau, dans la discussion, s’est demandé si le remaniement de la Passion n’était pas issu d’une collection carolingienne plus ancienne. C’est un point qu’il faudra éclaircir. D’autre part, il apparaît que le légendier de Vienne ne donne pas exactement la même version de la Passion poitevine que celle qui est contenue dans le légendier de Saint-Gall, du moins donne-t-il une version légèrement différente de son développement final consacré à la translation des reliques de Léger, d’Artois (où il avait été assassiné) au monastère de Saint-Maixent. Cela implique à nouveau l’usage de sources anciennes qui interdit de considérer l’auteur de la Passion mixte comme un vulgaire compilateur. En somme, le manuscrit de Vienne donne le texte d’un ‘libellus’ dont l’intérêt est à nos yeux beaucoup plus grand que celui que lui accordait Krusch.
En conclusion, quelques hypothèses ont été présentées au sujet de ce ‘libellus Leudegarii’. On y observe la volonté de donner les informations les plus complètes concernant le saint en puisant à toutes les sources alors disponibles. Que celles-ci soient par endroit indépendantes des informations que développent les deux autres Passions (dans leur état actuel) accréditerait la thèse d’un travail ancien, réalisé dès le début du VIIIe siècle. D’autre part, on ne peut négliger la portée politique de l’œuvre, qui propose une image très négative non seulement de la monarchie neustrienne, mais également de ses derniers maires du palais. Ceci doit être mis en rapport avec la mainmise austrasienne sur la Neustrie. Que le ‘libellus’ ait ensuite été copié à la fin du siècle à Saint-Amand, lieu de culture et de propagande carolingienne, va aussi dans ce sens. En somme, tout ceci pourrait nous orienter vers le ‘scriptorium’ de Saint-Vaast d’Arras, où l’on conserva longtemps au Moyen Âge le souvenir, certes confus mais inhabituel, des principaux protagonistes de l’époque : Léger, le roi Thierry III et l’évêque d’Arras/Cambrai Vindicien.

 Valentina ZANGHI

Il ms München, BSB, Clm 6393 e la trasmissione dell’opera agiografica di Girolamo : le praefationes

Presentazione ed esposizione di uno sguardo d’insieme del ms. München, BSB, Clm 6393 attraverso l’analisi delle praefationes e degli explicit delle tre Vitae geronimiane.Girolamo, nelle opere sia esegetiche sia agiografiche, privilegia la praefatio (ed anche la conclusio) come ‘contenitore’ di riferimenti autobiografici. L’incipit/praefatio del ms. München non tradisce il modus operandi di Girolamo e si è presentato anzi come efficace chiave di interpretazione della logica e dei criteri del procedimento di trascrizione. L’analisi delle particolarità degli incipit e degli explicit delle tre Vitae nel ms. München, BSB, Clm 6393 sembrano indicare una ‘pista’ storica per risalire ai luoghi di composizione o, per lo meno, di transito del ms. stesso.Il Munchen, inserito in quella che è denominata ‘tradizione Asella’, ossia con dedicatio alla matrona della cerchia dell’Aventino, potrebbe risalire a una personale formula di accompagnamento, per mano dello stesso Girolamo, all’invio dell’opera a uno specifico destinatario.Le varianti testuali tra il Munchen e gli altri mss. trovano riscontro in alcuni testi dell’epistolario geronimiano e testimoniano l’incomprensione di alcune citazioni classiche.Non priva di significato sembra infine l’insistenza, nelle tre Vitae, su ‘destinatari donne’ che sembrerebbe tradire un’intenzionale correlazione tra il circolo romano di Girolamo e una molto possibile comunità monastica femminile coeva al manoscritto
Après ces études de cas, la dernière demi-journée fut consacrée à l’analyse linguistique et stylistique.

 Marieke VAN ACKER (Université de Gent, Belgique)

La langue de l’hagiographie mérovingienne : une analyse en niveaux de langue fluctuants, à partir des Vies d’Arnoul de Metz, Hilaire de Poitiers, Loup de Troyes et Médard

En projetant sur des textes hagiographiques (en l’occurrence la ‘Vita Arnulfi’, la ‘Vita Hilarii’, la ‘Vita Lupi’ et la ‘Vita Medardi’ dans leurs versions transmises par le manuscrit Wien, ÖNB 420) une grille d’analyse inspirée de la typologie provisoire du latin mérovingien élaborée par Michel Banniard, il s’est avéré possible de situer les textes par rapport à des niveaux de langue écrite en utilisant une échelle allant de 5 (style élevé) à 1 (style bas). Le travail n’a été réalisé que superficiellement jusqu’ici et, pour prétendre à des résultats plus nuancés, il faudrait vérifier, détail dans chaque texte, la pertinence de chaque constante énumérée dans la grille. L’objectif de la présentation était avant tout de montrer que cette approche permet de mieux comprendre le rapport entre langue parlée et langue écrite, entre latinité et romanité, avec le style comme interface et comme catalyseur.

 Francesco STELLA (Université de Sienne/Arezzo)

Présentation d’un logiciel d’aide à l’analyse linguistique et stylistique

Francesco Stella a présenté le logiciel mis au point pour l’édition du ‘Corpus rhythmorum musicum (saec. IV-IX)’ en cours à la SISMEL (Florence) sous sa direction ; le premier volume est paru en 2007. Ce logiciel d’analyse textuelle, linguistique et stylistique est d’utilisation simple, spécifiquement conçu pour les travaux littéraires. Francesco Stella, avec l’accord de la SISMEL, a proposé de le mettre à la disposition de l’équipe.

[Conclusions et programme du 2e atelier (11-14 avril 2010)
Les interventions de chacun avaient été préparées avec beaucoup de soin, et nos échanges se sont avérés constructifs. Le bilan scientifique est donc positif au-delà de ce que nous pouvions espérer, et nous avons ainsi rempli les objectifs formulés pour ce premier atelier. Deux de nos équipes ont été malheureusement privées de leur tête lors de ce premier atelier ; malgré tout, le groupe a admirablement fonctionné. Nous sommes tous reconnaissants à François Dolbeau, membre de notre conseil scientifique, d’être intervenu de façon aussi constructive dans nos discussions, et en particulier dans les décisions prises pour le prochain atelier ; nous le remercions aussi d’avoir proposé de participer aux travaux de collation des manuscrits. Nous avons décidé d’inviter un autre membre de notre conseil scientifique, Paolo Chiesa, pour l’atelier de 2010. La présence de jeunes est également un élément très important.

Les travaux du programme « Expertise des textes hagiographiques mérovingiens dans leurs plus anciennes versions manuscrites » (Ateliers trilatéraux « Villa Vigoni ») se poursuivent :
Une présentation du projet, avec intégration du bilan du premier atelier, sera donnée à ‘Hagiographica’.
Parallèlement à l’avancée des dossiers présentés dans le 1er atelier, l’objectif commun pour 2011 sera l’édition d’un légendier. Le ‘Codex Velseri’ (München, BSB 3514), écrit en France au milieu du VIIIe s., est le seul légendier que l’on puisse qualifier de « mérovingien ». Il a l’inconvénient de ne contenir pratiquement que des Passions (à l’exception du dossier de Médard), si bien qu’il se prête assez mal à une approche linguistique.
Le travail collectif se concentrera sur un autre manuscrit, offrant un éventail textuel plus large, le manuscrit Turin, BN 517 (D.V.III), que plusieurs membres de l’équipe ont utilisé pour les dossiers présentés durant l’atelier 1. Il est généralement daté de la fin du VIIIe s., et B. Bischoff donne comme origine le nord-est de la France, Corbie, Soissons ou l’une de leur dépendance. Son écriture, très caractéristique, est la minuscule dite « ab de Corbie » ; il comporte de nombreuses corrections carolingiennes. à l’avancée des dossiers présentés dans le 1er atelier, l’objectif commun pour 2011 sera l’édition d’un légendier. Le ‘Codex Velseri’ (München, BSB 3514), écrit en France au milieu du VIIIe s., est le seul légendier que l’on puisse qualifier de « mérovingien ». Il a l’inconvénient de ne contenir pratiquement que des Passions (à l’exception du dossier de Médard), si bien qu’il se prête assez mal à une approche linguistique.
Le travail collectif se concentrera sur un autre manuscrit, offrant un éventail textuel plus large, le manuscrit Turin, BN 517 (D.V.III), que plusieurs membres de l’équipe ont utilisé pour les dossiers présentés durant l’atelier 1. Il est généralement daté de la fin du VIIIe s., et B. Bischoff donne comme origine le nord-est de la France, Corbie, Soissons ou l’une de leur dépendance. Son écriture, très caractéristique, est la minuscule dite « ab de Corbie » ; il comporte de nombreuses corrections carolingiennes.