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LaMOP » Publications et Ressources » Publications du LaMOP » Cahiers électroniques d’histoire textuelle du LAMOP (CEHTL) » CEHTL, 10 (2017)

Écrits, langages et cultures du commerce

 

 

Cahiers électroniques d’histoire textuelle

du LaMOP

 

10 / 2017

 

 

 

Écrits, langages et cultures du commerce

 

Les pratiques commerciales médiévales, comme à d’autres époques, ont été productrices de textes qui sont aujourd’hui autant de sources pour les historiens. Cette documentation a longtemps été utilisée, et l’est toujours, pour une histoire économique du Moyen Âge, une histoire faite de chiffres, de productions, de croissances et de crises. Mais il est également possible de considérer ces sources comme des discours que l’on peut analyser pour leur portée sociologique, culturelle et politique.

Inversement, dans l’analyse de la culture politique, les historiens ont eu tendance à négliger ces textes de marchands, n’exploitant pas réellement la spécificité de l’expression de ce groupe social, ou la confondant avec les discours issus de l’élite urbaine ou seigneuriale. Les sources qui concernent les marchands sont en réalité variées et ne se limitent pas à une documentation économique : on peut penser notamment à l’abondante documentation épistolaire, aux contrats commerciaux et d’assurance, aux requêtes en justice concernant les marchands, aux ordonnances et aux serments. 

On peut d’autre part suggérer que la documentation marchande a une dimension linguistique qui lui est propre. Les milieux marchands possèdent dès l’antiquité des spécificités linguistiques (tendance à la polyglossie professionnelle) et sont potentiellement inventeurs et diffuseurs de techniques textuelles (formes de comptabilités, listes, classifications d’objet…). La langue marchande véhicule également une partie du vocabulaire technique et de description du monde.

Les textes présentés ici, issus de la journée d’étude organisée au LAMOP le 16 février 2017, interrogent ainsi à travers divers exemples les dimensions linguistiques, textuelles et rhétoriques propres aux sources marchandes.

 

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Medieval Commercial Languages, Cultures and Writing Practices

 

Commercial practices in the Middle Ages, as at other times, produced texts which are now taken especially as so many sources for historians. This documentation was used for a long time, and is still used to do, to write the economic history of the Middle Ages, a history made up of figures, of production, of periods of growth and of periods of crisis. Yet it is also possible to consider these sources as a set of discourses which can be analysed for their sociological, cultural and political significance.

On the other hand, historians of political culture have tended to neglect merchant texts, and have failed to take into account adequately the specificity of the forms of expression which come from this group, simply aligning them with discourses issuing from urban or seigneurial elites. Merchant sources are in fact far more varied than this. They are not limited to simple economic records, for example in the abundant surviving merchant letters, in commercial and insurance contracts, in petitions to justice concerning merchants, in ordinances and in oaths.

It can also be suggested that the documentation associated with trade has a linguistic dimension which is particular to it. From classical antiquity merchant milieus show linguistic specificities (the tendency to develop a professional multiplicity of languages, for example) and are potential inventors and diffusers of textual techniques, for example accounting practices, lists and classification of objects. Merchant language also provides a vector for technical vocabulary and for forms of description of the world.

The texts published here, first presented at a one-day conference held at LaMOP on 16 February 2017, thus consider the linguistic, textual and rhetorical specificities of merchant sources in a variety of case studies.