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Joseph Morsel

 

2018-2019

 

Histoire sociale et culturelle (XIIe-XVe siècles)

Séminaire de recherche - Université Paris 1

Le jeudi, de 11h30 à 13h30 (en quinzaine), Salle Perroy

Si l’on admet que l’un des enjeux majeurs de la société féodo-ecclésiale était la reproduction du système de domination sociale, mais qu’en raison de sa connotation biologique et du primat implicite donné aux logiques (non questionnées) de la transmission et de l’héritage, le concept de « reproduction sociale » n’est probablement pas adapté pour rendre compte de la prorogation médiévale des rapports de domination, alors on proposera à titre d’hypothèse que cette société concevait la perpétuation des rapports sociaux à travers le schème de la similitude, en l’occurrence comme production de similitude. Les raisons pour lesquelles le schème de la similitude devrait être pris au sérieux sont multiples : d’une part, l’on sait que le rapport d’engendrement entre Adam et son fils Seth était conçu comme un rapport d’imago et similitudo (Gn 5:3), exactement sur le mode du rapport de création entre dieu et Adam (Gn 1:26 et 5:1) ; d’autre part, le schème analytique de la ressemblance ou de la similitude a été repéré comme crucial dans la société médiévale, au moins jusqu’à la fin du XVIe siècle, tant par Michel Foucault que par Philippe Descola ; enfin, il semble permettre d’articuler tout un ensemble de pratiques sociales et matérielles médiévales, usuellement étudiées séparément.

 

C’est par conséquent à cette question de la signification et du sens de la similitude dans la société médiévale que sera consacrée la pépinière de recherche de 2018-2019, en l’occurrence pour tenter de clarifier et préciser les énoncés susdits (la théologie de la similitudo, l’ampleur du schème analogique, les pratiques de production mimétique). Il s’agira donc d’un travail mené en commun, au rythme d’une séance toutes les deux semaines, la semaine intermédiaire étant consacrée aux recherches particulières des étudiants (« pépinière restreinte »). Le choix de désigner ces groupes de travail comme « pépinières » plutôt que comme « séminaires » n’est pas gratuit : on rappellera que le contexte d’émergence du « séminaire », en Allemagne au XIXe siècle, était un système social exclusif (le séminaire était fermé et exclusivement masculin) et chrétien (une bonne partie des historiens de ce temps étaient issus de familles de pasteurs voire avaient eux-mêmes été pasteurs, comme Ranke), et qu’en France, le mot « séminaire » est inéluctablement connoté à la formation des prêtres. Que l’on considère ou pas, avec l’un des médiévistes français les plus importants de ces dernières décennies, que les historiens se sont mués depuis le XIXe siècle en « petits curés de l’idéologie bourgeoise », on écartera dans tous les cas, au moins à titre prophylactique, ce terme extraordinairement connoté – et inutile puisque seminarium peut tout aussi bien se traduire par « pépinière ».

 

Les séances de la pépinière « Reproduction sociale et similitude » auront lieu les jeudis 11 et 25 octobre, 15 et 29 novembre, 13 décembre, 24 janvier, 7 et 21 février, 14 et 28 mars, 11 avril.

(Les séances de la « pépinière restreinte », quant à elles, auront lieu les 4 et 18 octobre, 8 et 22 novembre, 20 décembre, 31 janvier, 14 et 28 février, 21 mars, 4 avril.)

 

Toutes ces dates sont indiquées sous réserve de modification, signalée à l’avance.