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Conditions de production du savoir médiéviste

 

 

Le « cercle de travail sur les conditions de production du savoir médiéviste » rassemble une dizaine de chercheurs français et étrangers. Il a pour ambition, d’un même mouvement, de réfléchir de façon critique aux conditions de production du savoir médiéviste, et de développer pratiquement, de façon expérimentale, de nouveaux modes de production, collaboratifs, du savoir médiéviste. La réflexion porte d’une part sur les objets usuels de la pratique historienne, qu’il s’agisse de matériaux historiques (écrits, figurés, agrégés, etc.) ou de l’historiographie, et d’autre part sur la théorie, qu’il s’agisse d’une réflexion strictement relative à l’histoire médiévale, plus largement d’une épistémologie de l’histoire, ou plus largement encore d’une réflexion sur les conditions sociales d’exercice de l’activité intellectuelle. L’objectif principal du groupe est de parvenir à un mode véritablement collectif de réflexion et d’écriture : à un intellectuel collectif, soit un médiéviste d’un type nouveau. Sont rassemblés ici quelques jalons de ce travail.


Pourquoi étudier l’histoire (médiévale) au XXIe siècle ?


Julien DEMADE, Pourquoi étudier l’histoire (médiévale) au XXIe siècle ?

 

Ce texte a sa source dans le colloque « Por quê estudar a Idade Media nó século XXI ? » organisé en mai 2008 à l’université de São Paulo par Néri de Barros Almeida, Marcelo Candido da Silva et Didier Méhu. La publication à venir des actes de ce colloque, aux Publications de la Sorbonne, comprendra la seconde partie du texte qui suit. Celui-ci n’est à comprendre que comme la version préliminaire et partielle d’un travail de plus grande ampleur, qui comprendra une partie supplémentaire consacrée au dépassement de la raison utilitariste.
Texte au format PDF ; LaMOP-2011.
« Ce travail est diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND. »


Les campagnes médiévales dans l’historiographie germanophone depuis les années 1930


Julien DEMADE, Les campagnes médiévales dans l’historiographie germanophone depuis les années 1930 : engagement politique, résilience des interprétations et dispersion des renouveaux).

 

Des versions préliminaires, plus brèves, de ce travail, ont déjà été publiées : - « El mundo rural medieval en la historiografía en alemán desde 1930 », Historia Agraria : Revista de agricultura e historia rural, no 33, Août 2004, p. 31–79 ; - « The Medieval Countryside in German-language Historiography since the 1930s », dans The Rural History of Medieval European Societies : Trends and Perspectives, Turnhout, Brepols, 2007, p. 173–252 (The medieval countryside, 1) ; - « El mundo rural medieval en la historiografía en alemán desde 1930. Compromiso político, permanencia de las interpretaciones y dispersión de las innovaciones », dans La Historia rural de las sociedades medievales europeas : tendencias y perspectivas, València, Universitat de València, 2008, p. 175–246 (Història). Cette présente version, qui a été considérablement augmentée – tout particulièrement pour ce qui est des deux premiers chapitres – ne peut elle-même pas encore être considérée comme définitive, d’abord et avant tout parce qu’elle vise à susciter des commentaires et des critiques.
Texte au format PDF ; LaMOP - 2011.
« Ce travail est diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND. »

 

 

L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat…


Joseph MORSEL en collaboration avec Christine DUCOURTIEUX L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat… Réflexions sur les finalités de l’Histoire du Moyen Âge destinées à une société dans laquelle même les étudiants d’Histoire s’interrogent.

 

L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat, parce que l’Histoire, et au-delà les sciences humaines, est menacée par la posture utilitariste dominante dans notre société, pour laquelle seul ce qui est économiquement et immédiatement rentable est légitime : le reste n’est que gaspillage de temps et de deniers publics. Dans cette situation, l’Histoire médiévale est dans une situation paradoxale puisque s’ajoute à ce déficit général de légitimité des sciences humaines un détournement généralisé du Moyen Âge à des fins variées, jouant tantôt sur le caractère irrationnel et sauvage prêté à la période, tantôt sur la valeur particulière des « racines » médiévales. Le Moyen Âge devient ainsi un réservoir de formules qui servent à persuader nos contemporains d’agir de telle ou telle manière, mais n’ont rien à voir avec une connaissance effective de l’Histoire médiévale. Cet ouvrage entend contribuer à montrer la nécessité qu’il y a à prendre au sérieux l’Histoire du Moyen Âge, non comme un jeu intellectuel ou érudit ni comme simple moyen de comprendre d’où nous venons (thématique des racines, toujours susceptible de dérives idéologiques) mais afin d’expliquer comment s’est formé le système social occidental. Une première étape consiste à mettre à jour les rapports ambigus que la société libérale a développés envers la société médiévale depuis le XIXe siècle, qui rendent complexe la production d’un discours scientifique sur le Moyen Âge mais en même temps font des usages actuels de la période un symptôme révélateur des blocages sociaux : car quand la société libérale parle du Moyen Âge, c’est elle-même qu’elle met en scène. Une deuxième étape entreprend de montrer que la société médiévale, quoique radicalement distincte, n’est pas l’inverse de la société contemporaine, mais bien plutôt sa matrice, contrairement à ce que la mythographie bourgeoise du XIXe siècle a laissé croire. À travers la présentation de deux processus abstraits et interagissants qui s’y sont accomplis, la « déparentalisation » et la spatialisation du social, on tente d’appréhender les fondements du développement de la puissance occidentale à partir du XIe siècle. Celui-ci repose sur une élévation exceptionnelle de la productivité sociale, à un moment où les litterati, c’est-à-dire les savants, étaient au pouvoir. L’histoire de la société médiévale montre ainsi combien une société qui met ses savants à sa tête peut être socialement productive.
Texte au format PDF ; LaMOP-2007