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LaMOP » Publications et Ressources » Publications du LaMOP » Cahiers électroniques d’histoire textuelle du LAMOP (CEHTL) » CEHTL, 2 (2009)

Reflets de « code-switching dans la documentation médiévale ? »

 

 

Cahiers électroniques d’histoire textuelle

du LaMOP

 

2 / 2009

 

 

Les médiévistes sont souvent confrontés dans leurs analyses textuelles au saut d’une langue à l’autre à l’intérieur d’un même texte. Quand l’interférence entre deux niveaux linguistiques ne concerne plus seulement l’intrusion d’unités lexicales isolées dans un registre linguistique différent, mais l’alternance de vers, de membres de phrases ou de phrases entières, il est tentant de voir dans ces vestiges des reflets de pratiques assimilables à la notion linguistique de ‘code-switching’ (pratique d’alternance régulière entre deux systèmes linguistiques à l’intérieur de la communication). Que représente pour le lettré médiéval l’aller-retour motivé d’une langue à l’autre au sein d’une même unité textuelle ? Quelles sont les conditions d’émergence de ces stratégies lettrées d’alternance linguistique ? En quoi un texte présentant un emploi alterné de deux langues peut-il être considéré comme un écho de pratiques orales de « code-switching » ? Faut-il opposer des stratégies de sauts de langues « littéraires » à des pratiques diplomatiques ou administratives ? L’usage de la notion est-il pertinent à toutes les époques du Moyen Âge ? Pour apporter un début de réponse à certaines de ces questions, on adopte ici une approche comparatiste, en invitant à une réflexion croisée entre les méthodologies des linguistes et des historiens. Trois axes problématiques sont privilégiés : l’application des notions linguistiques proches du ‘code-switching’ par les médiévistes et ses problèmes méthodologiques ; l’effet d’exotisme et d’étrangeté ; la reconstruction des cadres et pratiques sociolinguistiques à partir de la documentation textuelle.

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Evidence of code-switching in medieval documents ?. In the course of textual analysis, medievalists are often confronted with jumps from one language to another within the same text. When the interference between two linguistic levels goes beyond the intrusion of isolated lexical units into a different linguistic register, with an alternation of language between lines of verse, subclauses or complete sentences, it is tempting to see in these phenomena a vestigial evidence of practices which could be assimilated to the linguistic notion of ‘code-switching’ (the practice of regularly moving between two different linguistic systems in the process of communication). What did the movement between two languages within a single textual unit mean for literate individuals in the middle ages ? What were the conditions for the emergence of these literate strategies of language switching ? How far can we take a text which alternates between two languages as an echo of oral practices of ‘code-switching’ ? Are ‘literary’ strategies of language switching necessarily different from diplomatic and administrative practices ? Is the use of this notion relevant to all medieval periods ? In order to start to answer some of these questions, the approach adopted here is a comparative one, whilst inviting a process of reflection which combines the methods of linguists and historians. Three axes of inquiry are given particular attention : the application by medievalists of linguistic notions close to ‘code-switching’ and the methodological problems which accompany it ; the effect of exoticism or strangeness ; the reconstruction of sociolinguistic frameworks and practices from textual documentation.