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LaMOP

Lettre du LaMOP - N°16 - Janvier - Février 2017

FOCUS

Le projet COL&MON

par Davide GHERDEVICH

 

Issu de la convergence de deux programmes de recherche qui s’occupent chacun d’institutions religieuses collectives (la base Collégiales et la base Monastères), le projet COL&MON est fondé sur la collaboration de plusieurs partenaires : l’UniLim, l’UJM/LEM, le LaMOP et l’EVS. Il a pour objectif de constituer et d’analyser le corpus numérique des monastères et des collégiales dans l’espace français, entre 816 et 1563, afin de comprendre les ressorts de l’implantation et de l’évolution de ce réseau d’établissements qui sont des éléments majeurs de la géographie ecclésiastique médiévale. Le projet vise à réaliser une nouvelle solution logicielle de cartographie historique qui permettra de jeter un autre éclairage sur les raisons et les modalités de l’implantation de ce réseau, de son expansion dans l’espace, de ses multiples transformations et de la disparition d’une partie de ses membres. Sans négliger l’analyse locale, notamment dans les espaces urbains, le projet cherche à privilégier les analyses historiques à petite, voire toute petite, échelle (régions, diocèses, provinces ecclésiastiques, royaume). C’est dans ce contexte que se développe mon travail postdoctoral d‘une durée d’un an dans laquelle je me suis proposé de travailler sur les limites des diocèses en France avant 1317 - c’est-à-dire pour une période durant laquelle l’espace des diocèses est mal connu – afin de proposer une restitution de l’emprise de ces espaces diocésains entre IXe et XIVe siècle. Étant donné le temps imparti assez limité et donc l’impossibilité de réaliser ce travail sur tout le territoire national, on a décidé de traiter en priorité les espaces qui étaient privilégiés dans le projet COL&MON et qui étaient déjà bien documentés dans les bases de données sur les collégiales et sur les monastères. Les diocèses choisis appartiennent à la région Bourgogne et au Limousin. Pour essayer de réaliser la restitution de leurs limites, j’ai travaillé en utilisant les sources historiques les plus classiques comme les pouillés ou les gesta des évêques, tout en exploitant les potentialités offertes par les logiciels des systèmes d’informations géographiques (SIG). Pour les périodes plus anciennes, tracer avec précision les limites des diocèses est méthodologiquement délicat. Pour résoudre ce problème, au moyen du SIG, j’ai choisi de créer des zones tampon de façon automatisée, à l’intérieur desquelles se situent avec la plus grande probabilité les limites des diocèses ; ensuite, on a comparé ces zones avec les limites obtenues avec la méthode du polygone de Thiessen et les limites des communes. Tous les résultats obtenus pour la Bourgogne seront confrontés aux spécialistes de la région et aux problématiques du projet sur les établissements religieux. A la fin de trois années, toutes les données produites à l’occasion de ce travail devraient être intégrées dans un nouveau Système d’Information Géographique, afin de les agréger à d’autres données spatiales disponibles (OpenStreetMap, IGN, les limites des diocèses créées par T. Areal) ainsi que celles en cours de collecte des projets de recherche (comme TOPAMA de T. Lienhard ou CORELPA). Entre autres, une application d’analyse de données spatio-temporelles spécifique sera développée et mise en ligne et mettra à disposition des chercheurs des outils qui leur permettront d’accéder eux-mêmes à l’analyse de données. Bien que la plupart des historiens aient connaissance des outils cartographiques et d’analyse de données, leur adoption dans leur pratique de la recherche est encore loin d’être très répandue. Cette application, en mettant à disposition des outils génériques et bien documentés, peut être un point d’entrée dans l’analyse de données spatiales et temporelles pour toute une communauté de chercheurs.

 

Coordinatrices du projet :Anne Massoni (Maître de conférences HDR en Histoire médiévale – Université de Limoges) et Noëlle Deflou-Leca (Maître de conférences en histoire du Moyen Âge, Université Grenoble-Alpes, membre statutaire du LEM) ; responsable pour le LaMOP : Thierry Kouamé (Maître de conférences HDR en Histoire médiévale – Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ; responsable pour l’EVS : Thierry Joliveau.

Pour en savoir plus : https://colemon.huma-num.fr/

Lettre du LaMOP - N°15 - Novembre-Décembre 2016

FOCUS

Le logiciel « ClioXML »

par Stéphane LAMASSÉ

 

ClioXML est un logiciel qui permet d'interroger des fichiers écrits avec du XML (extended markup langage). Ce langage permet d'ajouter à un texte un ensemble de metadonnées caractérisant les différents éléments d'un document. Dans le projet Studium Parisiense, par exemple, chaque élément de la description d'un individu (date de naissance, bénéfices, grades universitaires, etc..), est caractérisé par des métadonnées qui sont bien présentes dans le fichier mais ne sont pas visibles lorsqu'elles sont affichées par un navigateur internet. Il est souvent utilisé dans le cadre d'éditions numériques, de catalogues, ou de base de données. HumaNum abrite d'ailleurs un certain nombre de fichiers de ce type.
Or nous n'avions pas jusqu'aujourd'hui de moyens simples et rapides d'interroger et de manipuler ces fichiers. ClioXML vise à répondre à ce manque, son objectif est de permettre à un chercheur ou un étudiant de manipuler les données de ses fichiers le mieux possible. Il doit pouvoir faire des comptages, croiser les éléments, construire ses tableaux, utiliser des filtres, des requêtes, recoder ses données et ses metadonnées par simple déplacement des éléments. Ce qui devrait lui permettre d'améliorer ses propres fichiers assez rapidement. De plus, ce logiciel peut aussi fonctionner de manière collaborative, puisqu'il peut s'articuler avec tout projet en ligne et devenir ainsi une interface d'interrogation d'un site produit en XML, tous les recodages de données, les requêtes, les tableaux peuvent être exportés et échangés entre chercheurs d'un même projet si ils le souhaitent. Enfin, c'est un outil pédagogique, puisque toutes les actions produites graphiquement par les utilisateurs peuvent être vues sous leur forme XML et ainsi utilisées pour comprendre ce qui est produit par la machine.
Le logiciel essaie d'atteindre au mieux ces objectifs tout en restant générique, c'est-à-dire qu'il doit pouvoir s'adapter à un maximum de structures de données en sortie. Ainsi il doit favoriser l'exportation des données vers les formats les plus usuels d'échanges (csv, excel, TXM, Lexico3, Iramuteq), soit dans une perspective d'analyse classique des données ou d'analyse sémantique, ou bien simplement pour consulter les fiches. Dans son état de développement la taille des fichiers XML qui peuvent être introduits est limité (env. 20MB), nous espérons lever cette limite le plus rapidement possible.
Le développement actuel a été financé avec l'aide du LaMOP au travers le projet Studium Parisiense, de l'equipex Matrice et du master pro Mimo. Il est téléchargeable à cette adresse .


Le PIREH propose des formations à cette technologie XML (cours dispensé  par Alain DALLO).